INSTALLATION SONORE conçue par Wolf Ka, Norbert Schnell et Maryline Gillois
RadioSphère est une installation sonore conçue comme un espace d’expérimentation linguistique. Composée à partir de récits en langues française et étrangères, RadioSphère est une expérience sonore et anthropologique, qui propose un voyage immobile dans l’espace-monde et une exploration de notre système cognitif.
LE DISPOSITIF ARCHITECTURAL
RadioSphère est un dispositif architectural constitué de pièces de carton découpées numériquement et assemblées entre elles par encastrement . Pour assurer la multidiffusion à l’échelle d’une salle d’exposition, l’installation prend la forme d’une sphère, composée de modules triangulaires répétitifs et construite selon les principes du dôme géodésique.
La structure est autoportante et démontable. Chaque module de carton est destiné à porter un haut-parleur. Le dispositif architectural se caractérise par une disposition concentrique des haut-parleurs autour du spectateur. La hauteur du dôme est définie de façon à ce que la tête d’un spectateur se tenant debout au centre de l’espace, se situe à une égale distance de chacun des hauts parleurs intégrés à la structure
LE PROJET SONORE
Le projet consiste à rassembler une collection de récits oraux, de portraits parlés, formulés dans différentes langues. Cette série d’enregistrement a pour objectif d’illustrer la variété des langues et des histoires qui coexistent dans le monde
A partir de cette matière vocale issue du réel, nous proposons de concevoir un espace sonore utopique et expérimental qui constitue un portrait sonore et culturel du monde. Il s’agit d’écrire une composition de séquences linguistiques où chaque histoire et chaque langue est considérée comme un élément de l’écriture d’un espace sonore qui peut être perçu comme une polyphonie harmonique ou comme une cacophonie babylonienne – une contraction de l’espace-temps, qui rassemble les coordonnées éclatées d’une même société.
L’installation sera conçue comme une « composition déconstruite » au sens où Roland Barthes l’entend[1] : une composition qui laisserait une totale « liberté d’écoute » comme le font les œuvres de John Cage. Chaque spectateur devra faire sa propre expérience de l’œuvre, soit la première définition de l’interactivité, définie par Iannis Xenakis.
La composition sonore de l’installation joue sur plusieurs niveaux d’écoute : l’écoute de l’environnement qui met en relation différents sources sonores et qui crée la perception de l’espace, l’écoute du sens qui décode et comprend (ou ne comprend pas) les paroles ainsi que l’écoute sociale qui est attentive aux aspects non-verbaux. Le spectateur est invité à balader son attention entre ces différents niveaux, de saisir l’ensemble de l’espace sonore et de décomposer la polyphonie en voies individuelles.
L’effet de « cocktail party » désigne de façon imagée notre capacité à focaliser notre attention auditive sur une conversation au milieu d’une multitude d’autres sources sonores. Grâce à ce filtre cognitif, le visiteur de l’installation pourra distinguer des voix et suivre des histoires individuelles dans un brouhaha de voix.
[1] […] mais en «écoutant» une composition (il faut prendre le mot dans son sens étymologique) de Cage, c’est chaque son l’un après l’autre que j’écoute, non dans son extension syntagmatique, mais dans sa signifiance brute et comme verticale : en se déconstruisant, l’écoute s’extériorise, elle oblige le sujet à renoncer à son «intimité». Roland Barthes, 1977
BIOGRAPHIES
Wolf Ka est artiste multimédia. Il vit et travaille à Paris. Il a étudié l’histoire de l’art, la psychologie, le théâtre, et le design numérique à Berlin et à Paris. Il crée sa compagnie “res publica” en 1996 et signe en tant que directeur artistique 8 créations dont Sexes, Enjeux, Man in |e|space.exe, et Moving by numbers. En 2004 il co-organise avec la Mairie de Paris un hommage à Nicolas Schöffer lors de l’inauguration de la sculpture restaurée Chronos 10 au bord de la Seine. Il enseigne également l’art numérique et le performing arts à différentes universités françaises.
Au centre du travail de res publica figure le concept du dispositif qui dessine un agencement spécifique des techniques, technologies et formes de représentations. Ces dispositifs mettent en œuvre des expériences originales afin d’interroger la relation entre les hommes et leur environnement contemporain. Les performances sont les résultats d’une recherche collaborative avec des danseurs, architectes, ingénieurs, plasticiens, musiciens, programmeurs…
Les créations ont été invitées dans de nombreux festivals internationaux: Festival Via (Belgique), Villette Numérique (France), Urban Lab (Allemagne), File (Brésil), 404 (Argentine), Festival Elektra (Canada), New Territories (Écosse), VIE (Italie) etc. Parallèlement à sa démarche artistique, il participe à des conférences et colloques (Cosign, CNRT, ACM Multimedia, ..) autour des thèmes de l’art – science – nouvelles technologies.
contact: wolf@res-publica.fr
Norbert Schnell est sound designer et chercheur à l’IRCAM Centre Pompidou dans le domaine des technologies d’interaction musicale et de traitement de signal en temps réel.
Il est né à Hambourg ou il commence à arranger et écrire de la musique pour le théâtre avant de suivre des études de télécommunication et de musique (avec Georg-Friedrich Haas, Bernhard Lang et Gerd Kühr) à la Technische Universität et la Hochschule für Music und Darstellende Kunst à Graz/Autriche. Depuis il a créé et participé à de multiples projets artistiques et scientifiques nationaux et internationaux avec des artistes comme Robin Minard, Beat Furrer, Olga Neuwirth, Philippe Manoury et Pierre Boulez.
En 2006 il a organisé le colloque international New Instruments for Musical Expression (NIME 2006). Il était Professeur invité Edgard Varèse de Musique Electronique du DAAD à la Technische Universität de Berlin en 2007. Il a créé le projet européen Culture 2007 CO-ME-DI-A (Coordination and Mediation in Digital Arts) coordonné par IRCAM en collaboration avec six autres institutions européennes dans le domaine de l’informatique musicale et des arts numériques.
contact: norbert.schnell@ircam.fr
http://imtr.ircam.fr/imtr/Norbert_Schnell



